target='_blank'

mardi 31 mai 2016


SORTIE le 01 Juin 2016

de
après tout, la nuit
después de todo, la noche...
de
Carmen Ollé




Préface



Carmen Ollé est née à Lima en 1947 au bord du grand Pacifique, cet océan qui façonne un paysage austère, humide et fleuri, un monde d'oiseaux étranges où cohabitent les sombres urubus et les brillants colibris. Dans cet espace côtier, sans grands bouleversements atmosphériques, dans un continuel va-et-vient de lumière et
d'ombres, la ville se déploie très marquée par l'empreinte de sesracines héritées de l'époque coloniale et de grandes difficultés pour se moderniser et se trouver. Carmen Ollé définira cette Lima-là, dans les premiers vers des années quatre-vingts, comme son propre miroir : « Lima est une ville comme moi une utopie de femme ». Ces confrontations, à partir du plus intime, avec l'espace extérieur qui l'entoure, ont permis depuis la publication de son premier recueil de poèmes, le mythique Nuits d'adrénaline (1981), la prise de conscience qu'une époque avait pris fin et qu'une autre, plus forte, plus réelle et plus libre s'ouvrait pour les femmes poètes péruviennes contemporaines.
Le livre était intimement lié à cette société convulsée dans laquelle les injustices sociales, la violence politique et la pauvreté ne réclamaient pas seulement des solutions urgentes mais créaient des espaces de liberté et d'espoir où les artistes préfiguraient dans leurs œuvres cette communauté qu'il fallait transformer pour y vivre plus dignement. Dans ce contexte, le ton direct et confessionnel de Carmen Ollé, sa façon de se mettre à nu sans compromis ni pudeur, d'assumer le risque d'exposer  son propre corps comme matière poétique et donc de laisser émerger désirs et fantasmes, son choix  implicite d'une beauté différente de celle des canons occidentaux au milieu d'un monde métisse et complexé qui s'ignorait, ajouté à son questionnement sur les bases d'une culture hégémonique, représenta une bouffée d'air frais dans la littérature péruvienne et une prise de pouvoir social par la femme à partir du discours littéraire en définissant ainsi un nouveau panorama poétique au Pérou. La grande poète péruvienne Blanca Varela a dit de la poésie de Carmen Ollé en commentant  Pourquoi tout ce bruit ?  (1992) : « Ce mélange impitoyable de poésie et de réalité ne devrait pas me surprendre ; même si je n'ai pas lu auparavant, au Pérou, un semblable témoignage de la part d'une femme. (De même je n'ai pas lu d'homme  qui, soit dit entre nous, se soit lui-même exposé dans une intimité aussi obscure) ».

Nuits d'adrénaline, livre qui s'enracine profondément dans la société péruvienne des années quatre-vingts, fut entièrement écrit hors du Pérou, à Mahon (Minorque) et Paris. Dans les années 70, Carmen Ollé et son mari, le poète péruvien Enrique Verástegui, décident de vivre l'expérience européenne et arrivent à Paris où ils s'installent dans un immeuble au 13 de la  rue Mandel, où demeurent de nombreux artistes latino-américains et d'autres immigrés attirés par le mythe du Paris bohème, un mythe qui dans ces années-là était déjà assez dépassé et dont elle recueille le témoignage dans son roman Une jeune fille sous son parapluie (2002). Ceci dit, Paris fut l'univers qui consolida sa vocation littéraire, provoquant chez elle une crise existentielle et d'écriture, à l'ombre de l'œuvre de Georges Bataille et Michel Leiris. Paris finit par être l'univers de la contre-utopie qui fait que l’auteur se positionne dans une veine qu'elle développera beaucoup plus tard dans ses contes et ses nouvelles, celle du réalisme fantastique.  Ainsi Paris et Lima sont deux villes détonantes et créatrices où le fantastique a remplacé l'utopie.Ces références que nous venons d'évoquer font que l'initiative des Arêtes Éditions de publier, pour la première fois en France, une sélection de poèmes de Carmen Ollé en version bilingue, reste un fait très important, qui met à la portée des lecteurs français une œuvre singulière, partie prenante de cette relation privilégiée qui existe entre Paris et l'Amérique Hispanique et en particulier avec les poètes péruviens ; pour preuve les seuls noms de César Vallejo, 
César Moro et Blanca Varela. Ce n'est pas étonnant que cela arrive au moment où l'on redécouvre l'oeuvre de Carmen Ollé, puisqu'elle est rééditée non seulement au Pérou, mais aussi en Espagne, au Mexique et dans d'autres pays hispano-américains.

Les poèmes recueillis dans cette sélection font partie de ses trois premiers livres, et révèlent un point de rupture et le fondement de nouveaux canons, ainsi que les recherches personnelles et esthétiques au niveau du langage poétique de Carmen Ollé.  Si Nuits d’adrénaline représente le livre emblématique, une audace du langage et de l'érotisme, les poèmes de Tout orgueil obscurcit la nuit (1988) révèlent une attitude différente, une manière de se regarder soi-même de façon plus contenue, en essayant de dompter les mots qui, dans la première partie du livre, s'exprime en poèmes courts empreints d'ironie et se termine ensuite dans un ensemble d'oeuvres courtes en prose avec lesquelles se referme le recueil ; c'est, d’une certaine façon, un livre de transition, parce qu'il permet le passage à cette essence narrative qui existe dans la poésie de Carmen Ollé et qui se développera pleinement dans les oeuvres en prose du troisième livre Pourquoi tout ce bruit ? , dans lequel le personnage parle de sa relation névrotique, personnelle et artistique, avec son conjoint, Ignacio, et de l'impossibilité de concilier une vie commune et un destin littéraire au sein de la société liménienne. Livre passionnant où l'amour et la vocation vont au-delà d'une réalité nécessairement insatisfaisante. 

Après tout, la nuit… est une sélection, en accord avec l'auteur, qui obéit à une première étape de sa production littéraire qu'elle n'a cessé de développer dans sa recherche de nouvelles formes d'expression, comme le confirment ses quatre nouvelles publiées, ses nombreux récits, ses œuvres en prose, ses contes recueillis dans trois livres ainsi que des poèmes publiés dans de nombreuses anthologies, péruviennes et étrangères, et des livres d'artiste.  Elle est également présente sur la scène littéraire péruvienne avec ses articles de critique, ses prologues et ses commentaires sur les œuvres de ses contemporains et par son travail de compilatrice de la poésie péruvienne contemporaine. Elle a été pendant huit ans professeur à l'Université Enrique Guzman y Valle et dirige, depuis plus de vingt-cinq ans, des ateliers littéraires. Parallèlement elle a fait des incursions à la radio en composant des scénarios et des programmes radiophoniques courts et, plus récemment, elle s'est lancée dans l'écriture dramatique, avec l'oeuvre théâtrale intitulée Trois pièces Noh (2014). En tant que militante sociale, Carmen Ollé a entrepris depuis les années quatre-vingt-dix un travail dans le domaine des droits de la femme en aidant diverses associations. Elle a reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour son parcours littéraire, comme le récent hommage de la Foire du livre à Lima (2014) et le Prix de La Maison de la Culture péruvienne pour l'ensemble de son œuvre en 2015.

Madrid, juin 2015
Sylvia Miranda


DANS L'OUBLI

Arrête donc Carmen de raconter à tout le monde
tes malheurs ;
avec autant de pleurnicherie tu ne fais de bien à personne et le coupable
se vante,
devient riche et puissant.
Il dit qu'il y a une idiote déjà mûre - même si
rien n'y paraît - qui verse des larmes de sang pour lui.

Si ton corps n'arrive pas à l'extase dans un autre corps :
que le rêve te récompense.



EN EL OLVIDO

Deja ya Carmen de andar por ahí contando a
todos tus dolores;
con tanta queja a nadie haces bien y el culpable
se vanagloria,
crece en riqueza y poder.
Dice que hay una tonta ya madura -aunque no
lo parezca- que vierte por él sangre.

Si tu cuerpo no alcanza en otro cuerpo la gloria:
que el sueño te recompense.


Carmen Ollé
après tout, la nuit...
coll.bilingue les fruits étranges
traduit de l'espagnol (Pérou), par Syvia Miranda et Nicole Bajon
isbn : 978-2-915886-48-1
78 pages
15€



L'auteure :




Carmen Ollé est née à Lima en 1947. Poète, romancière et critique, elle est, avec Blanca Varela l’une des représentantes les plus remarquable de la poésie péruvienne.  Elle a été pendant huit ans professeur à l’Université Enrique Guzman y Valle et dirige, depuis plus de vingt-cinq ans, des ateliers littéraires.  En tant que militante sociale, Carmen Ollé a entrepris depuis les années quatre-vingt-dix un travail dans le domaine des droits de la femme, en aidant diverses associations. Elle a reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour son parcours littéraire, comme le récent hommage de la Foire du livre à Lima (2014) et el Prix de La Maison de la Culture Péruvienne pour l’ensemble de son œuvre en 2015.



Les traductrices :

Sylvia Miranda
 Sylvia Miranda (Lima, 1966). Poète, écrivain, réside actuellement à Madrid. Elle a obtenu son DEA (Université de Poitiers) et est docteur en Lettres (Université Complutense de Madrid).  Ses recherches tournent autour du thème de l’imaginaire de la ville et la poésie d’avant-garde péruvienne. Elle a écrit des articles pour les revues littéraires et d’arts plastiques. Elle a traduit en espagnol Moments maroquins, de la poète brésilienne Astrid Cabral. Depuis 1990, a publié plusieurs recueils des poèmes. Elle a obtenu le Prix de Poésie Tomás Luis de Victoria à Salamanca en 1994, le Prix du Roman Court du Banco Central de Reserva del Perú, en 1996, à Lima, pour son roman Mémoires de Manu et le Prix Extraordinaire pour sa thèse de Doctorat de l’Université Complutense de Madrid en 2007. Ses dernières publications sont un recueil des nouvelles intitulé Les matins sacrés, Madrid, Catriel, 2011 ; un essai sur la poésie du poète péruvien Emilio Adolfo Westphalen en 2011 ; son édition de la poésie complète du poète péruvien Carlos Oquendo de Amat en 2012 ; la plaquette La foudre demain illustrée par Sylvie Lobato, La Rochelle, Les Arêtes, 2013 et le livre Temps de soleil, Madrid, Hueso de Jibia, 2014 où elle a réuni ses derniers poèmes. Sa longue amitié et son admiration pour l’œuvre de la poète péruvienne Carmen Ollé lui a fait entreprendre avec Nicole Bajon la traduction d’une partie de sa poésie en français.     

Nicole Bajon 

 Après une maîtrise  en littérature espagnole et un DEA en civilisation hispano-américaine, Nicole Bajon a été enseignante. Elle a travaillé au sein de plusieurs associations dont France Amérique Latine et participé à l' organisation de festivals de musique latino-américaine tout en se consacrant à la traduction littéraire et technique.
Passionnée par  les civilisations pré-colombiennes et en particulier andines, elle s' est naturellement intéressée à l' art, l' architecture et l' esprit émanant de ces peuples et leur influence sur la pensée moderne qu' elle soit littéraire ou artistique. Des voyages ont favorisé une immersion dans ce monde aux multiples facettes et une compréhension plus intime de l' âme latino-américaine.
Sa rencontre avec Sylvia Miranda lui a donné l' opportunité et la chance d' approfondir des œuvres contemporaines, comme celle de Carmen Ollé, reflet d'une société en pleine mutation.


Vous pouvez vous procurer l'ouvrage sur le Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice,
stand 205/207 du 8 au 12 Juin
ainsi qu'à l'Archa des Carmes, 23 rue des Carmes, 13200 Arles
vous pouvez également nous le commander avec le bon de commande ci-dessous













mardi 24 mai 2016

 marchés et autres de Juin

°
Samedi 4 Juin 2016
Lecture à boire
Les chasseurs de mammouth étaient-ils poètes ?
La Cave Intercommunale de Montfrin vous  invite 
à une rencontre-dégustation, aux  pieds du célèbre mammouth avec les éditions artisanales

Atelier Philippe Moreau (Forcalquier - Basses Alpes)
Atelier Des Grames (Anik Vinay-Souchière - Gigondas)
Éditions Les Arêtes (Sandrine Pot - Arles-Sur-Rhône)
Propos2éditions (Michel Foissier - Ongles - Basses Alpes)
Editions Jacques Brémond (Remoulins)
Tout au long de la journée lectures par les écrivains et poètes
Jacques Allemand  - Stephen Bertrand  - Jean Clair Bonnel 
 Guillaume Boppe Sandrine Cnudde -  Monique Domergue  
 Sylvie Durbec -  Michaël Glück  - Claude Hazza

10h/19h      Entrée et dégustation gratuites
Cave des Vignerons – 525, route de la Gare – 30490 Montfrin  04.66.57.53.63


°
du mercredi 08 au 
dimanche 12 Juin 2016


du 8 au 12 juin prochain
stand 205/207

nous présenterons nos dernières publications

Après tout, la nuit,  Carmen Ollé

Les iris, Louis Kerman

Le héros malgré lui, Maria Carpi

Monotango, le cordel de Dominique Scaglia


*
signature de Louise Feydy
 Sous le Piano (sortie en nov.2015)
le 11 JUIN à 16H


°

Samedi 25 Juin 2016

 ETONNANTS CRÉATEURS 

10ÈME PETIT MARCHÉ DU LIVRE SINGULIER

à l'Espace  Van Gogh

Les étonnants créateurs nous ont offert des années de découvertes et de ravissement. Artistes du livres, artisans éditeurs, ils nous ont régalé le coeur et les yeux avec leurs livres étranges, beaux, incroyables, cousus, bricolés, peaufinés...

Cette année encore ils seront dans notre jardin pour nous offrir des pages de poésie et de peintures, d'invention et de délicieuses audaces.

Venez à leur rencontre, vous pourrez toucher leurs livres, lire leurs auteurs, parler avec eux de la création, enchanter tous vos sens...
Seront présents : Editeurs et artistes du livre ; Les arêtes éditions - Sandrine Pot ; Claude Ballaré ; Chantal Bossard ; Jacques Brémond éditions ; Sylvie Durbec ; Fabienne Forel ; Marc Granier ; Estelle Lacombe ; Papier ficelle - Anne Guillet ; La Pimpante édition - Territoires poétiques - Brigitte Curdel ; Anastassia Tétrel ; Emmanuelle Toussaint ; Le vent refuse éditions - Jacqueline Merville.

Etonnants créateurs : 10ème petit marché du livre singulier |


°
Jeudi 30 Juin 2016





samedi 7 mai 2016

Le Héros malgré lui, de Maria Carpi, par Luce Guilbaud




Le Héros malgré lui. Maria Carpi. Editions les Arêtes.


L’Homme, ce héros malgré lui. L’Homme confronté aux douleurs et aux joies de sa vie. Ce qui fait le destin de chaque individu… Maria Carpi, poète brésilienne, utilise le langage du mythe, de l’énigme pour dire la simple et complexe aventure de la vie. Ses paroles ne disent pas le quotidien mais par illuminations d’une pensée nourrie de philosophie et surtout par la Bible, ses poèmes nous parlent de nos limites et de l’au-delà de celles-ci, des fondations d’une mémoire inconnue, des courants qui baignent le cœur et ses ardeurs.
C’est un livre d’Heures enluminé de rêves et de visions, une poésie d’images transfigurant le réel. L’Homme est ce héros éternel, celui qui voit, qui parle, qui souffre, qui espère. Il peut être l’arbre symbole de la nature confronté à sa perte, à sa fuite, à sa peur, ce corps qui « voyage de racines au feuillage », « du feuillage aux fruits ». Naître, « voyage pour arriver au corps »- « s’exposer à l’existence » chaque poème dit ce magnifique et douloureux « risque de vie » dans un langage inspiré d’une grande force dramatique. « Combien de résurrections/ peut supporter le corps » - nous sommes dans la Passion, ses différentes stations. Celui qui sait, qui voit c’est parce que « La substance des yeux (est) à l’intérieur ».
Dans de nombreuses allusions christiques, Maria Carpi nous dévoile notre propre individuation autant que le travail de notre inconscient : « La fulgurance de l’éclair nous fend » et nous rend accessible à la connaissance.
Elle dit ce que le corps sait du désir, de la tension entre réel et idéal, entre la « pesanteur et la grâce ». « Les mains sans le corps écrivent/ le corps de l’histoire et purifient son feu ».
Poésie difficile ? Peut-être ! Mais c’est surtout une poésie qui s’ouvre au lecteur dans le partage d’une commune expérience avec les contradictions, les humiliations, les chutes, la tension vers le haut (Giacometti et son Homme qui marche), le « déséquilibre de l’obscurité » (« Le déséquilibre me fait entrer dans l’écriture » confie-t-elle) et malgré la difficulté à dire « ce qui reste et jamais ne sera mot » - « Dieu/ tombant dans les escarpements du livre » (elle aurait pu écrire le Livre), Maria Carpi nous touche intensément par ses visions poétiques.
Dans le dernier chapitre du livre : « Un rameau de joie », elle parle plus souvent à la première personne. Elle ramène à elle, à sa propre vie, les aventures du Héros. Toutes les identités mêlées aboutissent à sa propre intimité, comme elle avait pu s’approprier l’expérience de Jeanne d’Arc dans les « Flamme bleue » (aux mêmes éditions).
Le livre se termine sur la joie, la rédemption par la joie, ces moments qui illuminent notre vie, ce que la Bible nomme « dilatation du cœur » et même H. Michaux « Expansion à l’état pur ».


Vivre dit Maria Carpi, assumer notre destin, utiliser notre force de vie et notre lucidité pour donner du sens à l’ombre au seul risque que « Par l’insistance de l’ombre, le soleil éclate de son noyau ». Un magnifique recueil traduit du brésilien par Sandrine Pot avec la relecture de Helena Ferreira.

Luce Guilbaud

jeudi 7 avril 2016

LE HEROS MALGRE LUI
de
Maria Carpi



Dans la préface de l’édition brésilienne de La flamme bleue *, précédent et premier recueil de Maria Carpi que nous avons publié dans sa traduction française, Armando Trevisan, théologien, poète, critique, essayiste, écrit, devant les difficultés que soulève la lecture de Maria Carpi : « La poésie, c’est ça : la créativité du poète + la créativité du lecteur ».
Cette définition est d’autant plus vraie pour Le Héros malgré lui, recueil exigeant, qui requiert entièrement le lecteur, et cela dès le premier vers.
Difficile, hermétique, exigeante, n’est-ce pas suffisant pour détourner de cette poésie un lecteur pressé, déjà peu enclin à ouvrir un ouvrage de poésie ? Pourtant, je ne pourrais que l’enjoindre à passer au-delà de ses à-priori, à tenter l’expérience, pourquoi pas ? Mais je lui demanderai de la patience, de la constance si le texte lui reste hermétique. Car la poésie de Maria Carpi est traversée de fulgurances qui traversent le lecteur et l’illuminent, sans l’éblouir, d’une obscure clarté, suivant la réalité poétique du Héros malgré lui.

Constitué de quatre chants, Le cheval et les lieux/ Vulnérable est l’endroit/ la chute des fruits/Un rameau de joie, Le héros malgré lui est une odyssée intime, une traversée de la douleur, pour dire l’innommable. Il ne s’agit pas ici d’un exercice de style, d’une prouesse technique, mais d’un véritable enjeu, d’une expérience. Si d’autres ont eu recours au silence pour traduire l’indicible, entre les mots, les lignes, tel n’est pas le cas de Maria Carpi, qui, pour s’en approcher à recours à l’image, aux métaphores les plus singulières. Jamais gratuites. La métaphore comme moyen de mettre à distance, de trouver l’écart nécessaire entre soi et le non-évènement, entre soi et soi. Dans un article, Maria Carpi ne cite-t-elle pas  Pessoa : Le poète est un simulateur/Il simule si parfaitement/Qu’il va même jusqu’à simuler/La vraie douleur qu’il ressent. » Et cette simulation qui est tout sauf artificielle est le masque par lequel la parole va trouver le passage (le trou) pour sa propre vérité.
Ce passage, pour celui, celle, à qui la parole a été volée, est synonyme d’une véritable traversée.
Pour Le héros malgré lui, de Maria Carpi, poétesse à la filiation profondément spirituelle, c’est la traversée de la nuit obscure de Saint-Jean de la Croix, ou d’autres mystiques ou poètes… Une traversée qui commence en le voyant ligoté « Le voici, l’éminent rejeté/ Avec les membres sains amarrés à la camisole de force/ Les rames liées à l’arbre/Eminent gardien de la sève ». Le ton est donné : « Le voici ».
Et nous allons le suivre dans sa  souffrance, jusqu’au terme de sa délivrance. Que se passe-t-il avant la gloire du Héros malgré lui ?

Qui est-il ? Qui est ce héros abandonné ?  Est-ce celui qui crie « Eli, Eli, pourquoi m’as-tu abandonné ? » face au terrible silence de Dieu ? Est-ce la figure masculine de l’héroïne disgraciée, qui n’a d’autre recours que de suivre sa vision intérieure ? De mettre au monde sa voix intérieure, comme un fragment du grand tout, un souffle, un rythme, une respiration ? Est-il  «  la métaphore éloquente de l’être humain livré à une situation précaire, car il n’a pas de destinée, mais une insuffisance abyssale » (Astrid Cabral) ?
Figure symbolique, inépuisable, il est celui en qui les opposés se rejoignent (le bas et le haut, le sacré et le profane, le masculin et le féminin…).  Il représente la vie authentiquement réelle, qui si elle porte l’infini en elle, n’en est pas moins enracinée dans la terre-mère, la mère-nature. D’elle, les forces renaissent toujours, selon les cycles naturels qui seuls détiennent le secret de la permanence.
Maria Carpi dit en parlant de sa poésie que « dans mon cas, je suis passionnée par la lenteur de la semence. Je tombe amoureuse d’un noyau thématique et je le développe comme une partition musicale ». Si la douleur est le thème central du recueil, le vide, l’amour, et la mort en sont les thèmes corolaires, qui construisent l’œuvre et révèlent la nature intime de l’être humain, qui est le centre, le noyau de l’œuvre.

La poésie de Maria Carpi est tellurique. C’est une poésie de contrastes, d’oppositions qui convergent dans la figure du Héros malgré lui, capable d’éprouver jusqu’au bout cette dualité effrayante et de la dépasser par son don. La beauté de la vie est là, sous nos yeux, c’est notre aveuglement qui nous la dérobe. Chez Maria Carpi, il y a toujours un chemin à parcourir, une temporalité à travers différents lieux, même le vide qui permet la chute, car « Pour bien tomber dans l’amour il est nécessaire de refuser les ailes/ Et laisser la cicatrice voler. »
 S.P.



*A chama de azul/  La flamme bleue
coll. le cornet à voix, les arêtes


mercredi 24 février 2016



SORTIE 
le 23 février 2016
à la Saint-Lazare

du

HEROS MALGRE LUI
de
MARIA CARPI



                        Collection bilingue : Les fruits étranges
                        isbn : 978-2-915886-47-4
                        17€






RÉSURRECTIONS
(traduit par Mariana Dinelli)

Paulo Bentancur

"Combien de résurrections peut supporter le corps ?", demande le poème du "Chant 1", du Héros malgré lui. Une chance pour celui qui en aura tant, se dépêche d’observer, à part soi, le lecteur le plus distrait. Cependant... Mourir étant si vivant en soi, même de mort, ne demande pas de continuation. Et elle, néanmoins, vient. Dans l'abandon, la force ne disparaît pas, non. On peut y renoncer, mais elle est là, ombre et bribes, et avec elles, la capacité de construire la nouvelle construction.
            Maria Carpi a cette marque de douce agilité dans sa poésie, ce pouvoir de frayer un chemin de croix sans noyer son poème de sang et, avant, de l’abreuver, trouver la fontaine qui l’aidera à continuer exsangue, mais vivant, bien que lancinant dans sa lucidité de tant de pertes et, dans la perte, tant de découvertes.
            Le Héros Abandonné est, en ces termes, un paradoxe. L'héroïsme exige reconnaissance et, avec lui, valorisation. Carpi creuse dans l'odyssée interne de l'affection, cette amère odyssée sans retour, et par un tel voyage fait de contemplation rare, constatation illuminée par l'impuissance dans la menace de la mort, arrive à la marge: unique endroit habitable. La marge qui nous met à la dérive, mais ne nous renverse pas. Marge étroite par nature, mais large par la générosité du se perdre dans ce qu’on sent ?
            Le poète est plus que la possible conscience de son temps; il est le dessin continu du se dissiper et de la communion avec le sang perdu et, parce que communié, récupéré. Les plaies viennent pour orner ce qu’aucune brillance facile n’ornerait avec tant de  grandeur.
                         
La mort qui sauve
           
            Maria Carpi a, derrière ses vers extrêmement épurés, un glisser d'oiseau nocturne qui, tout en connaissant la fin qui l'a recueillie, se précipite vers la reprise contenue dans cette même fin. Comme dans un éternel retour. Comme dans le temps futur contenu dans le temps passé d'Eliot. Ou se nourrissant de la forme comme dans un retour inexpugnable du soi même. "Dans la forme je me  trouve moi même", a écrit Bakhtin. Et, toujours dans la ligne bakthiniènne, de non-coïncidence, l’incompatibilité et la non-conclusion.
            Ici, le poète reconnait dans le héros l'anti-héroïsme, ou,  au plus près, le processus naturel de deshéroïsation. Le potentiellement élu - dans ce cas, élue - se livre dans la perte de  l'élection non devenue événement, dans la reconnaissance non recueillie (parce que non  trouvée), à une essence qui se redessine contre toute cette espèce d’absence qui serait représailles. Présent dans l'abandon de l'autre, pierre sans le poli de la caresse, "corps dans le suaire de formol".
            Maria Carpi réunit, dans quatre séries de poèmes numérotés: premièrement, le scénario de l'abandon, une espèce de précipice subtil où la chute se fait horizontale car déjà la douleur jaillit de sa propre résistance (le cheval comme partenaire d'une journée où l'épique ennoblit le drame); deuxièmement, l'endroit où habite l'être, en plus d'être la toile de fond, est "vulnerabilité" pour marquer les frontières de la joie dans un endroit où il y a deux couleurs, une chaude, qui "(..) apaise / et réconforte. Nettoie et allaite / le petit. En contrepoint, la douleur froide".
            Dans la troisième série, la chute est soulignée par son vertige, bien que ce vertige verbal soit le suc d'une poétique déchirée et, en même temps, le rigoureux équilibre de Carpi, équilibre qui empêche n'importe quel vertige prévisible, soutenant la chute non seulement chantée comme la propre chute de la vie, que le poète-femme convertit au sol dans un constant mouvement, en condition (in)humaine de ne pouvoir témoigner d’une ampoule allumée, "reste vital, perte inévitable". Dénommée " La chute des Fruits", cette partie, l’avant-dernière, surprend avec l'admirable souvenir de ce qu'il faut tomber en  aimant, que sans amour il n'y a pas chute. Et s'il y a amour, même tombant, elle ne s'appellera chute, mais descente d'un manteau. La descente de la poète - comme la massive majorité de ses pairs, auto-condamnés à l'enfer – se termine avec le délicat chuchotement de celui qui cueille, dès que main et visage embrassent la terre. Et l'embrassent, d'ailleurs.
            Elle tombe et, sans compter et chanter les blessures, sème le terrain aride qui ne la soutient pas. Territoire qu'elle nourrit de la sève de sa défaite, jamais de la déflagration de la fin. Par là, la sécheresse s’évanouit et c’est tout le suc, la présence, même en l’absence du désiré. L'abandon subvertit son tarissement, le rendant, avant qu’il ne soit moins, plus, le surgissement de l'ineffable haleine du courage sans la présomption de ceux qui construisent.
            Quel grand coeur, quel coeur! Coeur à rendre fou toute une anatomie, selon Maïakóvski parlant de lui. Maria Carpi, cependant, prise de l'abandon du monde (jamais désenchanté par l'évident, bien qu’inévitable ressentiment, mais réenchantée par la "matière dure qui transpire"), partie du geste le plus extrême et le plus inattendu: "retirer tout le soutien, / y compris l'ombre du corps. / Y compris l'eau des yeux".
            Biche, la poète anticipe, avec sa chair, la flèche invasive et blesse l'objet de son martyre avec le don de son âme physique. Reste d’elle-même, elle tente de  subsister, "malgré l'âme, la résistance de l'âme". C'est ça se déshabiller, c'est ça découvrir le grand art, accessible à quelques artistes, mais à de rares humains: admettre de voir autour, "laissant tomber les excès, / l'excédent  de la matière, tout  intime, sans hostilité, / non plus l’écorce du rêve. »
            Sauvée de l’erreur du cri immédiat, aveuglant, la poète s´attache (et sans s´attacher, au fond) aux "débris qui glissent encore des pages. (...) / (...) le murmure // phosphorique. Ce qui reste / et qui  jamais ne sera parole". Là son poème sera sincèrement recueilli, vocabulaire d’une douceur sèche, sans déviation, son rythme s’attèle à un souffle minimum de respiration reprise après le coup qu’il n’annonce pas, ne chante pas, ne réclame pas.  
            La blessure, bien que mortelle, ne tue pas. Les fruits tombent. Mais la poussière, destinée au palais des enfants de la chute, a faim et pousse dans le temps. Le  héros malgré lui déclare, sans orgueil, mais sans aucun auto-apitoiement: "Je tombe du tomber".
             
Quel amour est-ce ?
            Quel est cet amour qui se complaît, au toucher, tombant comme qui plonge et, en lui nous perdant ? "Pour bien / tomber dans l’amour il faut refuser / les ailes. Et laisser la cicatrice voler".
            Au bord de l’ironie, se situe semblable résistance, coeur de tant ressources: "tomber dans la vertu / est plus terrible / que s’élever par le vice ". "Personne ne compatit" en "hosties du tomber", si cette chute est le profond assaut de l’endroit où rares sont ceux qui le fréquentent, au moins ils le soupçonnent d’exister. Région d’affection dans la  plénitude où il n’y a pas de prix, pas de disputes mesquinement reprisées dans la routine des relations, beaucoup moins d’âpres monnaies contre le désamour sourd à l’amour qui entonne son hymne sans ostentation.
            Qu’est cet amour ? C’est l'amour, le seul. De fait peu le connaissent et tel, il surgit comme un thème, dans toutes les formes d'art, et depuis des millénaires. On parle seulement de ce qu’on ne connaît pas. Le désir d'amour est tel, qu’il s’impose comme le désir et écrase l'amour possible, puisque l'amour ne demande ni la hâte ni  le prix, seulement le zèle pour le reconnaître dans sa secrète demeure.
            Maria Carpi habite là. Elle y a toujours vécu, apparemment, et elle nous révèle, sans le sophisme de la jouissance facile ni la rancoeur de l'amertume de la divergence, chaque recoin de ces chambres antiques et de lumière propre, mais quasiment imperceptible. Chambres où "me manquent des vers pour mourir" et, si la poète "exhale la dernière poésie," elle le déclare comme une forme incontournable pour avertir que la vérité arrive à être un détournement,. Mais qu’elle ne peut être négligée.

            Ce que la quatrième et dernière série du livre confirme, surmontant la torture commune de tant de personnages malheureux devant ce sentiment permanent et mortel (également vital) avec une tendresse inaccoutumée et la plus inaccoutumée force morale et lyrique d'un être qui dit: "Je, macule, en ton magnificat ". L’amour surmonte les amants, mais il ne dépasse pas la sensibilité de Maria Carpi, poète capable, main dans la main  avec le genre qui choisit, de refonder le monde et de cette façon, hisser à la lumière ce que les hommes jettent dans l'ombre, refaire le précieux parcours du plus grand trésor : d’être condamnée à l’abandon et cependant, capable de devenir l'outil, la monnaie, le médicament, la poésie, la beauté - réponse à renverser ceux qui, tombant, ont renversé qui était destiné au vol.


                                                           montage de Mariana Carpi


Chant 3/ La chute des fruits

14

Quel vertige : je suis toujours
au bord. Non au bord de l’abîme.
Ou au bord de ta peau
transpirante. Non au bord du résumé

d’être ensemble, rempart
d’où s’envolaient les rêves.
Ni au bord de l’assiette creuse
ou de la cuillère rase. Ou du mur

qui sépare l’enfance de l’arbre
toujours de l’autre côté, au bord
du fruit suspendu ou de l’étoile
qui tombe. Quel vertige : je suis

sur le point de tomber de ma bouche.
Et il n’y a pas comment m’ôter
cette faim de tomber. Il n’y a pas
comment avaler ce qui émerge

mot, en tombant à l’intérieur.
Il n’y a pas comment remédier à 
un couler à pic constant des entrailles
à la bouche. Avant je veux,  au bord

de la vieillesse, tomber enceinte à nouveau
à la lumière de ma chute
sans lexique et réparations. Comme Sarah,
je veux engendrer le fils de l’éclat de rire.











mardi 2 février 2016




Il y a deux ans, en 2014, Vincent Guillier partait sur les traces de la véritable histoire de Jean de Calais en traduisant un cordel authentiquement brésilien, accompagné en cela par une gravure de Dominique Scaglia.
Aujourd'hui, c'est Dominique Scaglia qui mène la danse, dans un Monotango très personnel, acide et naïf tout à la fois danse et musique sur laquelle Vincent Guillier a collé quelques paroles, qui font l'histoire...







Sortie le 03 février
3€



dimanche 1 novembre 2015

Les Arêtes de novembre


Les Arêtes participent 

au Salon de l’Autre Livre,
espace des Blancs-Manteaux,
48, rue d Vieille du temple /75004 Paris

Vendredi 13/11: de 14 à 21H
Samedi 14/11: de 11 à 21H (sauf de 15h.à16H.)
Dimanche 15/11 : de 11 à 19H

Stand A09



Nous y présenterons nos dernières publications :


Fantômas déraille !
le cordel cheminot n°6, de Fred Sochard (sortie le 04 novembre).
Un  hommage aux futuristes italiens, pour célébrer l’esthétique de la machine, le train qui hante l’univers de Fred Sochard,  dans lequel ce dernier a fait monter un des héros les plus insaisissables de la littérature populaire, le maître masqué du crime et qui, sous nos yeux, disparaîtra  une fois de plus.
















3€ isbn : 978-2-915886-39-9

 ******

Sous le piano, de Louise Feydy,
coll. cheminement (sortie le 10 novembre)
signature le samedi 14 de 16H à 17H.

Premier récit et premier livre de Louise Feydy, avec comme personnage central : le piano. Un piano droit de famille. C’est avec son arrivée dans le corridor de son appartement que la narratrice fait coïncider l’injonction d’écrire. Injonction qui lui a été faite par l’un des personnages principaux de ce récit. C’est comme cela que, de tableau en tableau, dans une langue vivante, moderne, au tempo rapide, nous allons entrer dans une histoire aux multiples embranchements, encombrements, d’images, de souvenirs, de voix, qui vont constituer l’opacité de fond du récit d'où surgira la capacité de révolte de la narratrice.  A la fois conte cruel, ou par touches cinglantes, vives, ironiques, l’humanité est mise à nu, c’est aussi une chronique bouleversée de la vie sentimentale d’une jeune fille, puis d’une jeune femme, prise dans l’inextricable affrontement de l’amour et de la haine.














17€   isbn : 978-2-915886-44-3


Louise Feydy est née en 1969 à Paris.
Après une enfance marquée par un environnement artistique, elle intègre une classe préparatoire littéraire et entreprend des études d’allemand.
Elle s’est intéressée à la littérature autrichienne et a effectué des séjours prolongés à Vienne avant d’enseigner en région parisienne.
La pratique d’une langue étrangère et la présence de la musique sous-tendent son écriture, l’amenant à transformer la réalité en conte cruel.
Sous le piano est son premier récit.




Bon de Commande


















**********************


Quelque chose approche, de Christiane Veschambre,
coll. du Cornet à Voix (sortie le 14 novembre)
signature le dimanche 15, de 15H. à 16H.


Paraît simple et ne l’est pas. N’étant pas plus compliqué pour autant, c’est autre chose.
Ce qui échappe ici n’est pas obscur,  seulement insaisissable, par essence.
Pas de superflu, une vérité, un tracé très net, précis, mais à la pointe d’un crayon de papier. Non pour que cela s’efface mais afin que le secret, le souffle ne s’y sentent pas pris au piège, ce qui par ailleurs ne peut arriver, une trop grande proximité, familiarité  avec le mystère et celui-ci s’envolerait aussitôt. Ce qui resterait, une simple illusion.

"dormi sous la belle étoile
goûté le mystère
du malheur et de la gaîté

Mystère de Malheur et Gaîté
ainsi le buvait Emily
On apprend l'eau par la soif
emplissant son dé à coudre
des stars
majuscules
de la Nuit

Malheur mon puits
Gaîté ma soif
mon dé
minuscule
en bout de chaîne"















7€ isbn : 978- 2-915886- 45-0   


 


Christiane Veschambre vit à Paris, où elle est née, et dans la Combraille bourbonnaise.
Elle a fondé, en 1981, la revue Land, avec Catherine Weinzaepflen, et, en 1995, la revue Petite, avec Florence Pazzottu.
Elle a été membre de la commission Poésie du Centre national du livre de 2010 à 2013.
Elle participe à des lectures publiques, des rencontres et débats.
Elle anime un atelier d'écriture intitulé "Un temps à soi pour écrire".

Elle a publié dans de nombreuses revues de littérature et de sciences humaines, participé à des ouvrages collectifs, et travaillé en collaboration avec des musicien(ne)s (Sophie Agnel, Bernard Cavanna, Alex Grillo, Ninon Foiret), des plasticien(ne)s (Madlen Hersström, François Martin, Maïa Bild, Philippe Bertin), des photographes (Juliette Agnel, Jacques Le Scanff, Dominique Cartelier).
Certains de ses ouvrages ont été mis en scène ou ont fait l'objet de lectures mises en espace.
Trois des ses livres (Passagères, Les Mots pauvres, La ville d'après) ont été partiellement traduits en anglais ou en italien.

Un dossier est consacré à son travail, en 2003, dans le n° 6 de la revue « Le préau des collines ». et, en 2008, dans le n° 25 de la revue "Les Hommes sans épaules".

quelques repères bibliographiques:

Le Lais de la traverse, éditions des Femmes, 1979
Sax domine, livret, musique de Bernard Cavanna, éditions Sallabert, 1981(création festival d'Avignon 1983)
La bambina e la marionetta in Pinocchio nel paese degli artisti, éditions Mazzotta, Milan, 1982
Les Mots pauvres, Cheyne éditeur, 1996, 5ème réédition
La Griffe et les rubans, éditions Le préau des collines, 2002
Haut jardin, photographies Jacques Le Scanff, éditions Le préau des collines, 2004
La maison de terre, éditions Le préau des collines, 2006
La ville d’après suivi de A propos d’écrire, éditions Le préau des collines, 2007, réédition 2010
Robert & Joséphine, Cheyne éditeur, 2008, prix des Explorateurs 2009
Après chaque page, Le préau des collines, 2010
Passagères, réédition, Le préau des collines,  2010
Fente de l'amour, dessins Madlen Herrström, éditions Le frau, 2011
Triptyque de la chambre secrète, éditions La Porte, 2012
Chaque pas du temps, éditions Contre-allées, 2012
Démarcations, collages Philippe Bertin, éditions Les petites manies, 2014
Versailles Chantiers, photos Juliette Agnel, éditions Isabelle Sauvage, 2014, prix de poésie Foulon-de-Vaulx de l'Académie des Lettres de Versailles 2015

à paraître:
Basse langue, aux éditions Isabelle Sauvage, en 2016.


Bon de Commande

















 **************************************



Trois Villes des commencements
de Constantin Kaïtéris, coll.Feuilles, (sortie le 01 octobre)
signature, le samedi 14, de 15h. à 16H.




















12 € isbn : 978-2-915886-43-6
(voir l'article précédent pour en savoir plus)