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mercredi 22 mars 2017



Petite suite pour jours obscurs
de Jacques Ancet
sortie le 25 mars 2017


Jacques Ancet, petites suites pour jours obscurs,
Peinture de couverture et exemplaires de tête de Guy Calamusa
Collection au bord du livre, éditions Les Arêtes. Sortie le 25 mars 2017.

Vendredi dernier, alors que je présentais Luce Guilbaud,à la librairie /Galerie l’Archa des Carmes, pour sa lecture croisée de Nuit l’Habitable et Risques et Reliques aux éditions Les Arêtes, j’ai parlé très rapidement de la collection au bord du livre, une collection que j’avais voulu dans les marges, avec un livre au bord d’être un livre, si tant est que j’ai su, que je sache, ce qu’est un livre, définitivement.
L’idée de cette collection était, avant tout, pour moi, la possibilité d’interroger ce qu’est un livre, dans son contenu, et dans sa forme. J’attendais des auteurs qu’ils me confient des textes, des poèmes qui n’entrent nulle part, des esseulés, des refusés, des expérimentaux… je ne sais pas si le texte de Jacques Ancet fait partie de ceux là, mais ce que je sais c’est que c’est un poème qui se trouve toujours au bord de, de quelque chose, on ne sait pas. Des mots ? Du silence ? des portes ? Au bord de l’invisible contenu dans les mots ? Au bord de la mémoire…toujours au bord où tout échappe, monte et descend. Et pas grand-chose à quoi se rattraper, pas plus à celui qui parle, qu’à ce qu’il voit sans voir.

                                                « Immobile. On l’écoute. On  dit qu’on
                                                est au bord, mai de quoi ? C’est le jour . »

Petite suite pour jours obscurs, une petite suite en trois actes qui dévident un écheveau de fils assemblé par des mains dont on ne sait pas grand chose. Ni ce que cela signifie, au fond. Et cela commence par une angoisse, imperceptible, mais une angoisse       
                                      « Les mots m’aveuglent, dit-il.
                                        J’entre dans ce que j’ignore.
                                        Et cependant rien ne bouge
                                        ni les doigts, ni la lumière
                                        ni le sang contre le mur. »

qui se poursuit et qui se trouve au cœur du poème.

               « Je la sens venir. C’est dans le soir
                  quelque chose que je cherche comme
                  une ombre éparpillée tout autour.
                  Entre la vitre et ses reflets, entre
                  la lampe, les fleurs et le regard,
                  une petite peur qui attend
                 dans un coin. On voudrait la chasser
                  mais on ne trouve plus que de l’air,
                 le cœur qui saute dans la poitrine. »

on ne peut y échapper, 

« Il dit l’obscur est ma lumière. L’obscur pousse sous mes mots et je ne les vois plus : je les entends. L’obscur est ma manière d’apparaître. »

Guy Calamusa est à l’origine de cette publication.

S.P.







Jacques Ancet
Né le 14 juillet 1942 à Lyon. Vit actuellement près d’Annecy. Agrégé d'espagnol. A enseigné en classes préparatoires aux Grandes Ecoles littéraires et commerciales avant de se consacrer à son travail d'écrivain et de traducteur.
Poésie]
  • "L’Âge du fragment", chronique, Æncrages & Co, 2016.
  • Huit fois le jour, Lettres Vives, 2016
  • Ode au recommencement, Lettres Vives, 2013
  • Les travaux de l'infime, PO&PSY "in extenso", Erès, 2012
  • Comme si de rien, L'Amourier éditions, 2012
  • Portrait d’une ombre, coll. PO&PSY, Érès, 2011
  • Chronique d'un égarement, Lettres Vives, 2011
  • Puisqu'il est ce silence, Prose pour Henri Meschonnic, Lettres Vives, 2010
  • Les morceaux de l'image, avec Colette Deblé, Ficelle, 2010
  • Portrait du jour, La Porte, 2010
  • L'amitié des voix: I Les voix du temps II Le temps des voix, publie.net, 2009
  • L'Identité obscure, Lettres Vives, 2009
  • L'orage vient, La Porte 2009
  • Journal de l'air, Arfuyen, 2008
  • Entre corps et pensée, anthologie composée par Yves Charnet, le Dé Bleu,2007
  • L'Heure de cendre, Opales, 2006
  • N'importe où, La Porte, 2006
  • Diptyque avec une ombre, Arfuyen, 2005
  • Un morceau de lumière, Voix d'encre, 2005
  • Sur le fil, Tarabuste, 2006
  • La Dernière Phrase, Lettres Vives, 2004
  • Le Fil de la joie, La Porte, 2003
  • La Brûlure, Lettres Vives, 2002
  • On cherche quelqu'un, Dana, 2002
  • Le jour n'en finit pas, Lettres Vives, 2001
  • La Cour du cœur, Tarabuste, 2000
  • Vingt-quatre heures, l'été, Lettres Vives, 2000
  • L'Imperceptible, Lettres Vives, 1998
  • Schubert et autres élégies, Paroles d'Aube, 1997
  • Silence corps chemin, Mont Analogue Éditeur, 1996
  • La Chambre vide, Lettres Vives, 1995
  • Le Bruit du monde, Paroles d'Aube, 1993
  • Sous la montagne, Messidor, 1992
  • De l'obstinée possibilité de la lumière, Éliane Vernay, 1988
  • Lisières, Dominique Bedou, 1985
  • Passé composé, Le Verbe et l'empreinte, 1983
  • Avant l'absence, Éliane Vernay, 1979
  • Courbe du temps, Éliane Vernay, 1975
  • L'Autre Pays, Plein Chant, 1975
  • Silence corps chemin, Thomas, 1973 et 1975
  • Le Songe et la blessure, Plein Chant, 1972 et 1974

Prose[modifier | modifier le code]

  • La Ligne de crête, Tertium Éditions, 2007
  • Image et récit de l'arbre et des saisons, André Dimanche, 2002
  • Le Dénouement, Opales, 2001
  • Obéissance au vent - IV La tendresse, Mont Analogue Éditeur, 1997 'réed. publie.net 2011, publie.papier, 2012)
  • Obéissance au vent - III Le silence des chiens, Ubacs, 1990 (réed. publie.net, 2009, publie.papier, 2012)
  • Obéissance au vent - II La mémoire des visages, Flammarion, 1983
  • Obéissance au vent - I L'incessant, Flammarion, 1979

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • Au Pied du Mur, avant-propos : Nasser-Edine Boucheqif, Coll. Paroles de Seine, Polyglotte-C.i.c.c.a.t, 2013.

Essais[modifier | modifier le code]

  • Chutes IV", Alidades, 2012
  • L'amitié des voix: I Les voix du temps II Le temps des voix, publie.net, 2009
  • La voix de la mer, publie.net, 2008
  • Chutes I, II, III, Alidades, 2005
  • Bernard Noël ou l'éclaircie, Opales, 2002
  • Un homme assis et qui regarde, Jean-Pierre Huguet, 1997
  • Entrada en materiaCátedra1985
  • Neuf poètes espagnols du vingtième siècle, Plein Chant, 1975
  • Luis Cernuda, Poètes d'aujourd'hui, Seghers, 1972

Traductions[modifier | modifier le code]

  • Vicente Aleixandre : La Destruction ou l'amour, Fédérop, Lyon, 1975 et 1977
  • Álvarez Ortega : Genèse suivi de Domaine de l'ombre, Le Taillis Pré, 2012
  • Jorge Luis Borges : La Proximité de la mer, 99 poèmes, Gallimard, coll. Du Monde entier, 2010
  • Luis Cernuda : Les Plaisirs interdits, Fata Morgana, 1981Un fleuve un amour, Fata Morgana, 1985Ocnos, Les Cahiers des Brisants, 1987
  • Antonio Gamoneda : Pierres gravées, Lettres Vives, 1996Froid des limites, Lettres Vives, 2000Blues Castillan, José Corti, 2004Description du mensonge, José Corti, 2004Passion du regard, Lettres Vives, 2004Clarté sans repos, Arfuyen, 2006Cecilia, Lettres Vives, 2006
  • Juan Gelman : L’Opération d’amour, Gallimard, 2006Lettre ouverte suivi de Sous la pluie étrangère, Caractères 2011, Com/positions, Caractères 2013
  • Ramón Gómez de la Serna : Le Livre muet, André Dimanche, 1998Lettres au hirondelles et à moi-même, André Dimanche, 2006
  • Jean de la Croix : Nuit obscure, Cantique spirituel et autres poèmes, Poésie/Gallimard, 1997Thérèse d'Avila/Jean de la Croix, Œuvres, Pléiade/Gallimard 2012
  • Roberto Juarroz : Fidélité à l’éclair, Lettres Vives, 2001Quinzième poésie verticale, José Corti, 2002
  • Liliana Lukin : Calligraphie de la voix, Alidades, 2013
  • Luis Mizón : Province perdue, trad. collective, Les Cahiers de Royaumont, 1988Jardin de ruines, Obsidiane, 1992
  • Alejandra Pizarnik : L'Autre Rive, Unes, 1983À propos de la comtesse sanglante, Unes, 1999Cahier jaune, Ypsilon.éditeur, 2012L'enfer musical, Ypsilon.éditeur,2012Extraction de la pierre de folie, Ypsilon.éditeur, 2013
  • Francisco de Quevedo : Les Furies et les Peines, 102 sonnets, Poésie/Gallimard, 2011
  • Andrés Sánchez Robayna : La Roche, Comp'Act, 1995Sur une pierre extrême, trad. collective, Les Cahiers de Royaumont, Créaphis, 1997Feu blanc, Le Taillis Pré,2004Sur une confidence de la mer grecque, Gallimard, 2008
  • José Angel Valente : L'Innocent suivi de Trente-sept fragments, Maspéro, 1978Trois leçons de ténèbres, Unes, 1985Material Memoria, Unes, 1985Intérieur avec figures, Unes, 1987L'Eclat, Unes, 1987La Pierre et le Centre, José Corti, 1991La Fin de l'âge d'argent, José Corti, 1992Au dieu sans nom, José Corti, 1992;Mandorle, Unes, 1992Paysage avec des oiseaux jaunes, José Corti, 1994Chansons d'au-delà, Unes, 1995Lecture à Ténérife, Unes, 1995Variations sur l’oiseau et le filet, José Corti, 1996Personne, Myriam Solal, 1997Trois Leçons de ténèbres, suivi de Mandorle et l’éclat, Poésie/Gallimard, 1998Communication sur le mur(entretien avec Antoni Tàpies), Unes, 1999; Treize poèmes, Dana, 2001Fragments d’un livre futur, José Corti, 2002
  • Xavier Villaurrutia : Nostalgie de la mort, José Corti, 1991
  • Paulina VindermanBarque noire, Lettres Vives, 2013
  • María Zambrano : Poésie et philosophie, José Corti, 2003; L’homme et le divin, José Corti, 2006





 Guy Calamusa

Né au Maroc, Guy Calamusa a longtemps vécu à Casablanca ; il s'est fixé, par la suite, en Provence. Une partie de son travail met en scène des cartes imaginaires à travers lesquelles abondent des symboles récurrents : oiseaux, échelles, barques. Ces différents signes conduisent vers une traversée cachée du monde. Le peintre semble accomplir d'une toile à l'autre un travail de tisserand, comme si à chaque coup de crayon, de pinceau, il fallait démasquer, démarquer ces "voyageurs invisibles". Il expose régulièrement, en France et également au Maroc (Galerie Ardital, Aix-en-Provence, 2008, Galerie Nelly l'Eplattenier, Genève, 2006 ; Cartographies imaginaires, IF Casablanca, 2003 ; galerie Nadar, Casablanca, 2009 ; galerie Chantal Mélenson, Annecy, 2012).
Guy Calamusa est d’origine sicilienne. Il est profondément attaché à la Méditerranée, à cette mer, carrefour des civilisations. Il est né au Maroc en 1965, a poursuivi ses études secondaires chez les pères de Foucauld.
Après des études universitaires achevées à Aix-en-Provence par une thèse en linguistique sur Le verbe et l’instant présent dans l’œuvre de Nathalie Sarraute, il part enseigner à l’étranger. Il partage son temps entre la peinture et l’enseignement.
Autodidacte, son travail met en scène un monde en devenir, en gestation où le peintre d’une toile à l’autre accomplit un travail de tisserand. A travers chaque tracé de crayons, de mots, de signes, de points qui se joignent et disjoignent, le peintre semble recoudre le tissu d’un déracinement intérieur. Par ailleurs, des symboles récurrents —oiseaux, échelles, barques— amènent vers un sens plus caché du monde. On y découvre des oiseaux aux regards interrogateurs, souvent figurés au bas du tableau. Ils semblent avoir perdu l’usage de leurs ailes et scrutent d’un air étonné le centre de la toile. Ou encore ces petits dessins, ces lignes griffées, ces points, ces numéros reconstituent peu à peu la carte d’un voyage imaginaire ou d’un paysage empli de broussaille. Parfois, des petites silhouettes noires stylisées tendent vers le ciel leurs bras trop courts et nous observent. Ailleurs, ce sont des signes posés au hasard de la surface de la toile - chiffres, lettres, enchevêtrements de tracés de crayons gras, secs - posent les jalons d’une écriture hiéroglyphique. A propos de ces signes, dans une lettre adressée au peintre, Jacques Dupin parle d’ « émantation énigmatique » et écrit qu’ils renvoient « à une poésie d’une errance laconique. »
En effet, l’espace dans les tableaux de Guy Calamusa est ouvert, la peinture est « en broussaille » comme si le souci majeur du peintre était de souligner l’aspect inachevé du tableau, l’aspect chaotique des couleurs et par là-même du monde. Un autre aspect de cette ouverture se retrouve dans les rencontres de poètes que le peintre a sollicités ñ échanges de courrier, de dessins, voyages - et qui ont donné lieu à des petits livres d’art. Plusieurs livres ont vu le jour avec Vénus Khoury-Ghata, James Sacré, Toni Maraini, Jeanne Hyvrard, Jean Gabriel Cosculluela, Sylvie Durbec.
Chantal Mélanson




                                   





vendredi 4 novembre 2016

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Carmen Ollé
après tout, la nuit...
coll.bilingue les fruits étranges
traduit de l'espagnol (Pérou), par Syvia Miranda et Nicole Bajon
isbn : 978-2-915886-48-1
78 pages
15€



L'auteure :



Carmen Ollé est née à Lima en 1947. Poète, romancière et critique, elle est, avec Blanca Varela l’une des représentantes les plus remarquable de la poésie péruvienne.  Elle a été pendant huit ans professeur à l’Université Enrique Guzman y Valle et dirige, depuis plus de vingt-cinq ans, des ateliers littéraires.  En tant que militante sociale, Carmen Ollé a entrepris depuis les années quatre-vingt-dix un travail dans le domaine des droits de la femme, en aidant diverses associations. Elle a reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour son parcours littéraire, comme le récent hommage de la Foire du livre à Lima (2014) et el Prix de La Maison de la Culture Péruvienne pour l’ensemble de son œuvre en 2015.



Les traductrices :

Sylvia Miranda
 Sylvia Miranda (Lima, 1966). Poète, écrivain, réside actuellement à Madrid. Elle a obtenu son DEA (Université de Poitiers) et est docteur en Lettres (Université Complutense de Madrid).  Ses recherches tournent autour du thème de l’imaginaire de la ville et la poésie d’avant-garde péruvienne. Elle a écrit des articles pour les revues littéraires et d’arts plastiques. Elle a traduit en espagnol Moments maroquins, de la poète brésilienne Astrid Cabral. Depuis 1990, a publié plusieurs recueils des poèmes. Elle a obtenu le Prix de Poésie Tomás Luis de Victoria à Salamanca en 1994, le Prix du Roman Court du Banco Central de Reserva del Perú, en 1996, à Lima, pour son roman Mémoires de Manu et le Prix Extraordinaire pour sa thèse de Doctorat de l’Université Complutense de Madrid en 2007. Ses dernières publications sont un recueil des nouvelles intitulé Les matins sacrés, Madrid, Catriel, 2011 ; un essai sur la poésie du poète péruvien Emilio Adolfo Westphalen en 2011 ; son édition de la poésie complète du poète péruvien Carlos Oquendo de Amat en 2012 ; la plaquette La foudre demain illustrée par Sylvie Lobato, La Rochelle, Les Arêtes, 2013 et le livre Temps de soleil, Madrid, Hueso de Jibia, 2014 où elle a réuni ses derniers poèmes. Sa longue amitié et son admiration pour l’œuvre de la poète péruvienne Carmen Ollé lui a fait entreprendre avec Nicole Bajon la traduction d’une partie de sa poésie en français.     

Nicole Bajon 

 Après une maîtrise  en littérature espagnole et un DEA en civilisation hispano-américaine, Nicole Bajon a été enseignante. Elle a travaillé au sein de plusieurs associations dont France Amérique Latine et participé à l' organisation de festivals de musique latino-américaine tout en se consacrant à la traduction littéraire et technique.
Passionnée par  les civilisations pré-colombiennes et en particulier andines, elle s' est naturellement intéressée à l' art, l' architecture et l' esprit émanant de ces peuples et leur influence sur la pensée moderne qu' elle soit littéraire ou artistique. Des voyages ont favorisé une immersion dans ce monde aux multiples facettes et une compréhension plus intime de l' âme latino-américaine.
Sa rencontre avec Sylvia Miranda lui a donné l' opportunité et la chance d' approfondir des œuvres contemporaines, comme celle de Carmen Ollé, reflet d'une société en pleine mutation.


mercredi 2 novembre 2016

                          
 Signatures
 le samedi 12 novembre
 sur le stand des Arêtes A18
 à 15H. Amandine Marembert
 pour "Né sans un cri"
 à 17H. Luce Guilbaud 
pour le cordel "Risques et Reliques"

                                     

mardi 18 octobre 2016



SORTIE le 19 OCTOBRE


RISQUES ET RELIQUES
le Cordel de LUCE GUILBAUD







Risques et Reliques a trouvé son inspiration 
dans la peinture et sculpture européenne
de divers siècles.
Charnel ou spirituel, l'amour n'est pas sans danger.


****

Risques et reliques
le cordel de Luce Guilbaud
isbn : 978-2-915886-51-1
agrafé
couverture volante
avec L'enlèvement des filles de Leucippe
4€

*****

Luce Guilbaud viendra signer son cordel
sur le Salon de l'Autre Livre, espace des Blancs-Manteaux, Paris
le samedi 12 novembre à 17H.

mardi 27 septembre 2016

Né sans un cri, d'Amandine Marembert


Né sans un cri,
Amandine Marembert
*
sortie le 28 septembre 2016

*


*

Depuis plusieurs années Amandine Marembert consacre une part importante de son travail à explorer de manière poétique la parole silencieuse de son petit garçon autiste. Ce cheminement s’effectue soit en vers soit en prose, parfois parallèlement.
En 2013, Les Arêtes ont publié une sorte de journal de bord, Et s’il ne parlait pas ? (lui-même suite du livre Un petit garçon un peu silencieux, publié chez Al Manar en 2010), ouvrage qui  a reçu le prix Jean Follain en 2014. Dans la note de lecture qu’Antoine Emaz consacre à ce livre dans le numéro 25 de la revue N47, il saisit parfaitement le projet du livre et, au-delà, de ce travail qui l’accompagne dans son souffle continu car étroitement lié à son quotidien de vie intérieure et extérieure : « que la parole poétique puisse rendre présent, faire vivre en mots, un enfant particulier dans son énigme muette ». « Cet enfant est au centre du livre, dans son énigme silencieuse mais pas inexpressive, à travers ses gestes, ses actions, son corps, ou encore une sorte de langage adressé mais signifiant pour lui seul. Il ne parle pas comme on dit /affirme sa petite sœur / plus loin derrière / ou plus près devant ». La petite sœur dit exactement l’énigme : on est face à un en deçà ou un au-delà du langage. (…) Sans langage commun, comment rejoindre ? Au passage, c’est une des questions de la poésie… ».
En 2016, nous publions Né sans un cri, recueil composé de vignettes qui vont par paire, comme deux visions qui s'interrogent, se complètent, s'affrontent, l'une extérieure, l'autre intérieure, dans un face à face bien défini par un espace blanc, une plage de silence. Ce livre est un plaidoyer pour la différence. De lui, Amandine Marembert écrit : « Ce manuscrit donne à lire des vignettes en prose poétique qui représentent mon double témoignage de mère et de poète depuis la naissance de mon fils jusqu’à ses cinq ans. J’ai voulu y transcrire, d’un côté, la froide réalité objective du diagnostic médical, et de l’autre, ma réalité subjective de mère écrivant. Ces deux réalités reliées dans un parcours semé d’embûches matérielles et d’interrogations métaphysiques, d’incompréhension aussi. La forme des textes, en bloc de proses ressemblant à des rectangles photographiques, m’a permis d’inscrire ma parole dans un cadre qui permet d’apprivoiser un peu le hors cadre - ce qui dépasse l’entendement. Quand on vit avec l’autisme, on s’endort, on dort, on se réveille, on parle, on regarde, on écrit avec cette réalité-là. Les moments d’oubli sont très rares et jamais complets. J’essaie, dans ce nouveau travail, de tendre une main d’écriture en continu pour approcher cette autre connaissance que l’enfant développe, cette autre logique qui n’est pas forcément dénuée de sens mais qui laisse les parents  perplexes. Je tente de déployer une relation dans les mots qui permettrait un va et vient permanent – et, dans l’idéal une osmose – entre le monde de l’enfant autiste et celui de sa famille proche. Je pense que je cherche à créer un espace de parole qui,  essayant d' échapper aux normes du langage utilitaire et ordinaire, arriverait à créer un possible langagier commun aux « neurotypiques » et aux autistes.
Ces travaux d’écriture présentent également une dimension militante qui souhaite porter la parole très peu partagée de cette réalité-là, et encore moins dans le domaine de la poésie. Il s’agit également de donner une vision critique de la difficile réalité sociale des personnes avec autisme. D’évoquer sans pathos la détresse des nombreuses familles isolées dans ce mystère du "non verbal". »
.....

L’inspectrice qui est venue visiter ma classe m’a affirmé qu’on pouvait travailler le vocabulaire de différentes manières. Que les entrées en étaient variées. Vous savez, par exemple, ce mot du jour associé à une image-
définition qu’on pose près du bol de petit-déjeuner des enfants. Non, je ne savais pas. Mon enfant ne parle pas.







J’ai fait lire à mes élèves un livre de courts récits de
Jean-Marie Gustave Le Clézio. Les héros en sont souvent des garçons, rêveurs, en marge. Personne ne sait dire d’où ils viennent. Ils ne parlent pas beaucoup, ne savent parfois ni lire ni écrire, posent des questions étranges qui ressemblent à des devinettes ou qui font briller le regard de certaines 
personnes. Ils dorment les yeux ouverts. Ils ne connaissent personne et personne ne les connaît. Ils ont peu ou pas
d’amis pour ne pas être liés. Ils s’enfuient de l’école pour y 
revenir par d’autres chemins qui ont vu la mer. Il me semble parfois que tu es l’un de ces jeunes garçons aux vêtements froissés, qui vient de très loin, de l’autre côté des montagnes, de l’autre côté de la mer, et qui peut s’enfuir d’un instant à l’autre, sans prévenir. Qu’il faut apprendre à te connaître sans te poser trop de questions, sans te demander de quel pays tu viens. 

.....

à noter deux rendez-vous :

Rencontre/lecture/signature avec Amandine Marembert, le 21octobre à 18H.30 à L'Archa des Carmes,  Arles

Signature le samedi 12 novembre, à 15H. pour le Salon de l'Autre Livre, Paris


...

Né sans un cri
collection feuilles
74 pages
isbn : 978-2-915886-49-8
17€

bon de commande :







mardi 31 mai 2016


SORTIE le 01 Juin 2016

de
après tout, la nuit
después de todo, la noche...
de
Carmen Ollé




Préface



Carmen Ollé est née à Lima en 1947 au bord du grand Pacifique, cet océan qui façonne un paysage austère, humide et fleuri, un monde d'oiseaux étranges où cohabitent les sombres urubus et les brillants colibris. Dans cet espace côtier, sans grands bouleversements atmosphériques, dans un continuel va-et-vient de lumière et
d'ombres, la ville se déploie très marquée par l'empreinte de sesracines héritées de l'époque coloniale et de grandes difficultés pour se moderniser et se trouver. Carmen Ollé définira cette Lima-là, dans les premiers vers des années quatre-vingts, comme son propre miroir : « Lima est une ville comme moi une utopie de femme ». Ces confrontations, à partir du plus intime, avec l'espace extérieur qui l'entoure, ont permis depuis la publication de son premier recueil de poèmes, le mythique Nuits d'adrénaline (1981), la prise de conscience qu'une époque avait pris fin et qu'une autre, plus forte, plus réelle et plus libre s'ouvrait pour les femmes poètes péruviennes contemporaines.
Le livre était intimement lié à cette société convulsée dans laquelle les injustices sociales, la violence politique et la pauvreté ne réclamaient pas seulement des solutions urgentes mais créaient des espaces de liberté et d'espoir où les artistes préfiguraient dans leurs œuvres cette communauté qu'il fallait transformer pour y vivre plus dignement. Dans ce contexte, le ton direct et confessionnel de Carmen Ollé, sa façon de se mettre à nu sans compromis ni pudeur, d'assumer le risque d'exposer  son propre corps comme matière poétique et donc de laisser émerger désirs et fantasmes, son choix  implicite d'une beauté différente de celle des canons occidentaux au milieu d'un monde métisse et complexé qui s'ignorait, ajouté à son questionnement sur les bases d'une culture hégémonique, représenta une bouffée d'air frais dans la littérature péruvienne et une prise de pouvoir social par la femme à partir du discours littéraire en définissant ainsi un nouveau panorama poétique au Pérou. La grande poète péruvienne Blanca Varela a dit de la poésie de Carmen Ollé en commentant  Pourquoi tout ce bruit ?  (1992) : « Ce mélange impitoyable de poésie et de réalité ne devrait pas me surprendre ; même si je n'ai pas lu auparavant, au Pérou, un semblable témoignage de la part d'une femme. (De même je n'ai pas lu d'homme  qui, soit dit entre nous, se soit lui-même exposé dans une intimité aussi obscure) ».

Nuits d'adrénaline, livre qui s'enracine profondément dans la société péruvienne des années quatre-vingts, fut entièrement écrit hors du Pérou, à Mahon (Minorque) et Paris. Dans les années 70, Carmen Ollé et son mari, le poète péruvien Enrique Verástegui, décident de vivre l'expérience européenne et arrivent à Paris où ils s'installent dans un immeuble au 13 de la  rue Mandel, où demeurent de nombreux artistes latino-américains et d'autres immigrés attirés par le mythe du Paris bohème, un mythe qui dans ces années-là était déjà assez dépassé et dont elle recueille le témoignage dans son roman Une jeune fille sous son parapluie (2002). Ceci dit, Paris fut l'univers qui consolida sa vocation littéraire, provoquant chez elle une crise existentielle et d'écriture, à l'ombre de l'œuvre de Georges Bataille et Michel Leiris. Paris finit par être l'univers de la contre-utopie qui fait que l’auteur se positionne dans une veine qu'elle développera beaucoup plus tard dans ses contes et ses nouvelles, celle du réalisme fantastique.  Ainsi Paris et Lima sont deux villes détonantes et créatrices où le fantastique a remplacé l'utopie.Ces références que nous venons d'évoquer font que l'initiative des Arêtes Éditions de publier, pour la première fois en France, une sélection de poèmes de Carmen Ollé en version bilingue, reste un fait très important, qui met à la portée des lecteurs français une œuvre singulière, partie prenante de cette relation privilégiée qui existe entre Paris et l'Amérique Hispanique et en particulier avec les poètes péruviens ; pour preuve les seuls noms de César Vallejo, 
César Moro et Blanca Varela. Ce n'est pas étonnant que cela arrive au moment où l'on redécouvre l'oeuvre de Carmen Ollé, puisqu'elle est rééditée non seulement au Pérou, mais aussi en Espagne, au Mexique et dans d'autres pays hispano-américains.

Les poèmes recueillis dans cette sélection font partie de ses trois premiers livres, et révèlent un point de rupture et le fondement de nouveaux canons, ainsi que les recherches personnelles et esthétiques au niveau du langage poétique de Carmen Ollé.  Si Nuits d’adrénaline représente le livre emblématique, une audace du langage et de l'érotisme, les poèmes de Tout orgueil obscurcit la nuit (1988) révèlent une attitude différente, une manière de se regarder soi-même de façon plus contenue, en essayant de dompter les mots qui, dans la première partie du livre, s'exprime en poèmes courts empreints d'ironie et se termine ensuite dans un ensemble d'oeuvres courtes en prose avec lesquelles se referme le recueil ; c'est, d’une certaine façon, un livre de transition, parce qu'il permet le passage à cette essence narrative qui existe dans la poésie de Carmen Ollé et qui se développera pleinement dans les oeuvres en prose du troisième livre Pourquoi tout ce bruit ? , dans lequel le personnage parle de sa relation névrotique, personnelle et artistique, avec son conjoint, Ignacio, et de l'impossibilité de concilier une vie commune et un destin littéraire au sein de la société liménienne. Livre passionnant où l'amour et la vocation vont au-delà d'une réalité nécessairement insatisfaisante. 

Après tout, la nuit… est une sélection, en accord avec l'auteur, qui obéit à une première étape de sa production littéraire qu'elle n'a cessé de développer dans sa recherche de nouvelles formes d'expression, comme le confirment ses quatre nouvelles publiées, ses nombreux récits, ses œuvres en prose, ses contes recueillis dans trois livres ainsi que des poèmes publiés dans de nombreuses anthologies, péruviennes et étrangères, et des livres d'artiste.  Elle est également présente sur la scène littéraire péruvienne avec ses articles de critique, ses prologues et ses commentaires sur les œuvres de ses contemporains et par son travail de compilatrice de la poésie péruvienne contemporaine. Elle a été pendant huit ans professeur à l'Université Enrique Guzman y Valle et dirige, depuis plus de vingt-cinq ans, des ateliers littéraires. Parallèlement elle a fait des incursions à la radio en composant des scénarios et des programmes radiophoniques courts et, plus récemment, elle s'est lancée dans l'écriture dramatique, avec l'oeuvre théâtrale intitulée Trois pièces Noh (2014). En tant que militante sociale, Carmen Ollé a entrepris depuis les années quatre-vingt-dix un travail dans le domaine des droits de la femme en aidant diverses associations. Elle a reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour son parcours littéraire, comme le récent hommage de la Foire du livre à Lima (2014) et le Prix de La Maison de la Culture péruvienne pour l'ensemble de son œuvre en 2015.

Madrid, juin 2015
Sylvia Miranda


DANS L'OUBLI

Arrête donc Carmen de raconter à tout le monde
tes malheurs ;
avec autant de pleurnicherie tu ne fais de bien à personne et le coupable
se vante,
devient riche et puissant.
Il dit qu'il y a une idiote déjà mûre - même si
rien n'y paraît - qui verse des larmes de sang pour lui.

Si ton corps n'arrive pas à l'extase dans un autre corps :
que le rêve te récompense.



EN EL OLVIDO

Deja ya Carmen de andar por ahí contando a
todos tus dolores;
con tanta queja a nadie haces bien y el culpable
se vanagloria,
crece en riqueza y poder.
Dice que hay una tonta ya madura -aunque no
lo parezca- que vierte por él sangre.

Si tu cuerpo no alcanza en otro cuerpo la gloria:
que el sueño te recompense.


Carmen Ollé
après tout, la nuit...
coll.bilingue les fruits étranges
traduit de l'espagnol (Pérou), par Syvia Miranda et Nicole Bajon
isbn : 978-2-915886-48-1
78 pages
15€



L'auteure :




Carmen Ollé est née à Lima en 1947. Poète, romancière et critique, elle est, avec Blanca Varela l’une des représentantes les plus remarquable de la poésie péruvienne.  Elle a été pendant huit ans professeur à l’Université Enrique Guzman y Valle et dirige, depuis plus de vingt-cinq ans, des ateliers littéraires.  En tant que militante sociale, Carmen Ollé a entrepris depuis les années quatre-vingt-dix un travail dans le domaine des droits de la femme, en aidant diverses associations. Elle a reçu de nombreux témoignages de reconnaissance pour son parcours littéraire, comme le récent hommage de la Foire du livre à Lima (2014) et el Prix de La Maison de la Culture Péruvienne pour l’ensemble de son œuvre en 2015.



Les traductrices :

Sylvia Miranda
 Sylvia Miranda (Lima, 1966). Poète, écrivain, réside actuellement à Madrid. Elle a obtenu son DEA (Université de Poitiers) et est docteur en Lettres (Université Complutense de Madrid).  Ses recherches tournent autour du thème de l’imaginaire de la ville et la poésie d’avant-garde péruvienne. Elle a écrit des articles pour les revues littéraires et d’arts plastiques. Elle a traduit en espagnol Moments maroquins, de la poète brésilienne Astrid Cabral. Depuis 1990, a publié plusieurs recueils des poèmes. Elle a obtenu le Prix de Poésie Tomás Luis de Victoria à Salamanca en 1994, le Prix du Roman Court du Banco Central de Reserva del Perú, en 1996, à Lima, pour son roman Mémoires de Manu et le Prix Extraordinaire pour sa thèse de Doctorat de l’Université Complutense de Madrid en 2007. Ses dernières publications sont un recueil des nouvelles intitulé Les matins sacrés, Madrid, Catriel, 2011 ; un essai sur la poésie du poète péruvien Emilio Adolfo Westphalen en 2011 ; son édition de la poésie complète du poète péruvien Carlos Oquendo de Amat en 2012 ; la plaquette La foudre demain illustrée par Sylvie Lobato, La Rochelle, Les Arêtes, 2013 et le livre Temps de soleil, Madrid, Hueso de Jibia, 2014 où elle a réuni ses derniers poèmes. Sa longue amitié et son admiration pour l’œuvre de la poète péruvienne Carmen Ollé lui a fait entreprendre avec Nicole Bajon la traduction d’une partie de sa poésie en français.     

Nicole Bajon 

 Après une maîtrise  en littérature espagnole et un DEA en civilisation hispano-américaine, Nicole Bajon a été enseignante. Elle a travaillé au sein de plusieurs associations dont France Amérique Latine et participé à l' organisation de festivals de musique latino-américaine tout en se consacrant à la traduction littéraire et technique.
Passionnée par  les civilisations pré-colombiennes et en particulier andines, elle s' est naturellement intéressée à l' art, l' architecture et l' esprit émanant de ces peuples et leur influence sur la pensée moderne qu' elle soit littéraire ou artistique. Des voyages ont favorisé une immersion dans ce monde aux multiples facettes et une compréhension plus intime de l' âme latino-américaine.
Sa rencontre avec Sylvia Miranda lui a donné l' opportunité et la chance d' approfondir des œuvres contemporaines, comme celle de Carmen Ollé, reflet d'une société en pleine mutation.


Vous pouvez vous procurer l'ouvrage sur le Marché de la Poésie, Place Saint-Sulpice,
stand 205/207 du 8 au 12 Juin
ainsi qu'à l'Archa des Carmes, 23 rue des Carmes, 13200 Arles
vous pouvez également nous le commander avec le bon de commande ci-dessous